Bruno Robbe Éditions / Maison folie mons

Bruno Robbe Éditions, ce catalogue a été édité à l’occasion de l’exposition « Carte Blanche à Bruno Robbe » à l’Espace des possibles de la Maison Folie/le manège mons du 1er au 17 décembre 2006, textes d’Anne André, Marcel Moreau, Charley Case, Bob Verschueren et Jacques Charlier, coédité par la Maison folie mons et les Éditions Bruno Robbe, 2006.

Bruno Robbe

Il y a des lieux où, plus qu’en d’autres, il fait bon s’environner de la respiration des doigtés.

J’appelle sans doute « doigté » cet état supérieur du geste qui ouvre à tout ce qu’il touche le chemin d’un art, d’une beauté, voire parfois d’une extase, s’agissant des choses de l’amour, et dans le mot amour, c’est peu de dire que j’inclus l’étrange érotisme dont s’accompagne ma recherche du meilleur des accomplissements possibles, s’agissant cette fois des choses du métier, ou de la vocation. À mes yeux, le doigté, c’est aussi une certaine élégance du cœur et de l’âme, mais – qu’on ne s’y trompe pas – une élégance qui exige du savoir-faire qu’il se conduise comme un savoir-vivre, ou l’inverse. Je me sens bien dans l’atelier de Bruno Robbe. Y ont sans cesse rendez-vous le doigté respiratoire et je ne sais quel « duende » à l’espagnole : tantôt l’imminence d’un « avènement », tantôt son épiphanie déjà, parmi les ébauches. Et puis, l’Atelier me donne l’occasion, jusque-là inespérée, de redécouvrir quelques vertus dont j’avais fini par oublier la part qu’elles prennent dans la conquête du Sens, cette conquête serait-elle exaspérée, sortie de ses gonds, bondissante plus que pédestre. Car ce sont des vertus, la Patience, la Lenteur, lorsqu’elles ont pour enjeu de terminer par un accord ce qui a commencé par un tâtonnement, sinon par une convulsion. Ainsi, dans cet Atelier, mes propres

« chantiers », ces fous, se font discrets. J’ai envie d’y parler à voix basse de ce qui, chaque jour, m’apostrophe bruyamment, telle l’incroyable musique des fonds de mots. Quant à la puissance impressionnante des machines, elle n’objecte en rien à mon besoin d’exprimer sur le ton de la confidence des émotions que mon écriture serait tentée de traduire sur le mode de la profération. La machine, ici, se rend ductile aux délicatesses des encres, tandis qu’elle « roule » pour une histoire de noces entre le corps d’un texte et une vision plasticienne. La naissance d’un livre, dans l’Atelier de l’ami Bruno, se regarde comme la déposition d’une lumière et s’écoute comme le portement d’une polyphonie. Le papier en devient lui-même une peau au bout de la chaîne des incarnations de l’esprit qui font qu’une œuvre sera admirée en tant que palpable, tout juste avant de l’être en tant que signifiante. La peau tressaille, se tend ou s’abandonne au gré de son désir d’être caressée, en prélude à sa pénétration. Bruno excelle à produire autour de lui des climats propices à la danse de la conscience créatrice, au sein du gisement des formes, au point que celles-ci, sous son impulsion, en

retrouvent leur devenir, telle une nouveauté en lévitation continue. Notre homme (jeune) a la poigne qu’il faut pour faire d’un livre un acteur, et non des moindres, de notre mythologie intime, et cette transmutation n’a pas de prix, à notre époque de vulgarité au pouvoir. C’est un « grand » de l’imprimerie, et j’aimerais que cela se sache davantage et s’ébruite sans compter.

Marcel Moreau, Juin 2006.

En vente: 15€ 

Toutes les commandes sont payables par virement, vous pouvez nous joindre par e-mail à l’adresse suivante : info@lecomptoir.be

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